La Roche-sur-Yon. Ils témoignent, suite à l’agression homophobe.

Trois associations ont bien voulu témoigner de ce qu’elles ont vécu samedi 18 mai 2019 lors du village associatif place Napoléon, à l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie. Parmi ces associations, la Ligue des droits de l’homme, le Planning familial et Aides; Deux personnes, Michèle, 70 ans et Michel, 71 ans, ont eu respectivement 8 jours et 10 jours d'ITT (Incapacité Totale de Travail).

LGBT ILLUSTRATION 2

Avant les faits, tout se déroulait normalement, ce samedi après-midi, au village associatif. Les associations se connaissent bien entre elles. Elles travaillent ensemble très régulièrement.

« Il y avait une ambiance très chaleureuse et très sympathique tout au long de l'après-midi. Toutes les associations ont rencontré beaucoup de monde. Des personnes qui sont venues s’informer. Les échanges ont été très variés, très riches, très complémentaires » commente Martine, responsable du Planning Familial. « On a reçu des jeunes gays qui attendent juste de quitter le domicile familial pour pouvoir vivre leur vie. Ce sont des témoignages importants et d’une grande souffrance. »

Pendant que le village associatif était ouvert, il n’y a eu aucun problème. C’est à 17 h, à la fin du village et alors que les employés de la ville arrivaient pour démonter les stades et que les associations rangeaient, qu’une bande de « jeunes nazillons de la Manif pour Tous ont investi le village » précise Mylène, de l’association AIDES.

Le stand de la Ligue des Droits de l’Homme est le premier touché.

Michel, 71 ans, membre de la section Yonnaise de la Ligue a été le plus touché. Il raconte.
« Ce qui m'a frappé c’est qu’ils étaient très organisés. J’ai vu arriver ce groupe vers moi, ils étaient une vingtaine de personnes. Ils marchaient d'un pas cadencé, un peu militaire, en tapant des pieds. Je me suis retrouvé à 50 cm d'un individu qui m'a donné un coup de poing, il m'a poussé violemment. Je me suis reculé. Je suis déséquilibré mais j'ai vu dans ses yeux qu'il avait la volonté de frapper. C'est la première agression physique que je subis dans ma vie. »

Martine a vu la scène depuis son stand situé juste en face « Michel a été bousculé violemment et puis il a titubé et je me suis dit qu'il allait tomber à l'eau. » 


Suite à l’agression, Michel a eu 10 jours d’ITT. 


Tout cela s’est passé dans un laps de temps très cours, quelques secondes. Sa femme Michèle, 70 ans, est aussi membre de la Ligue des Droits de l’Homme. Elle a été agressée. « J’en ai attrapé un, du moins j’ai essayé. Il m’a pris la main et a essayé de me mettre par terre. J’ai failli tomber et, à ce moment là, il s’est dégagé et a cassé des ballons avant de rejoindre le groupe. » Michèle a eu 8 jours d’ITT.

Traumatismes psychologiques


Pierrick est bénévole à AIDES. « Depuis samedi tous les soirs je repense à ça, je les vois arriver avec le mot "Homo-folie". Depuis deux ou trois nuits, ça me réveille, c'est-à-dire lorsqu'ils sont arrivés avec ce mot homo-folie. »


Pour Pierrick psychologiquement, c’est un peu plus compliqué. Et puis il y a eu certaines réactions irresponsables sur les réseaux sociaux  « Il y a eu beaucoup de témoignages de soutien mais quand on voit que certaines personnes qui ont des responsabilités, pas forcément politiques, de la Roche-sur-Yon utilisaient des mots comme "incident", des mots comme "fait divers", je trouvais ça vraiment pathétique. Le fait de minimiser ça de cette façon, je trouve ça gravissime »

Quand on demande aux associations si cela a affecté leur motivation ?

Elles répondent toutes d’une même voix « Ah non. Bien au contraire. Ça nous conforte dans tous les combats que l'on mène. »

La police.

Après les faits, les bénévoles ont voulu aller porter plainte à la police. La police a refusé de prendre les plaintes demandant aux victimes d’aller faire constater les violences subies par un médecin. « C'est quelque chose de faux, il faut arrêter de penser que la violence, c'est une violence uniquement physique. On est resté mal et ça en a rajouté un autre malaise. » lance Martine du Planning Familial.

Ils sont tous retournés le dimanche et là, leurs plaintes ont été prises. « Entre-temps, nos plaintes sont devenues fondamentales et la police aurait reconnu un accueil inapproprié. »

Les deux membres de la Ligue des droits de l'Homme ainsi que les deux membres de l'association AIDES ont porté plainte à titre personnel. Le planning familial à porter plainte au nom de leur association.

Aides et la Ligue des droits de l’homme vont porter plainte au nom de leur association. Une plainte inter-associative devrait être déposée prochainement. Mais il y a quelque chose qui ne passe pas pour les associations « porter plainte au commissariat malgré tout ce que l'on peut dire ce n'est pas facile. »

« Ils avaient certainement tout prévu, tout préméditer. Ce qui m'a étonné, c'est quand ils ont été interrogés par la Bac, c'était des enfants de cœur. "ah non madame nous, on n’a rien fait on n’a rien vu." »

La réaction des associations aux réactions…

Les associations ont apprécié la réactivité du maire qui a proposé un rassemblement contre les discriminations, vendredi soir, à 19h, place Napoléon.

L’Ices interroge les associations « Il y a les professeurs là-bas qui ont les mêmes positions. Jeudi un professeur parle des homosexuels en disant qu'il faut les soigner c'est terrible quand même. Ça interroge sur notre argent public qui finance l’Ices. »

Publié le 23/05/2019
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