À l’occasion de la fête des morts, la Ville de La Roche-sur-Yon a organisé une visite guidée du cimetière du Point du Jour. Créé en 1808, sous le Premier Empire, c’est l’un des plus anciens lieux de la ville. Au fil des allées, les visiteurs ont découvert son architecture funéraire et le parcours de Yonnais qui ont marqué l’histoire locale.
Un cimetière né avec la ville napoléonienne
Le cimetière du Point du Jour a remplacé en 1808 celui de l’ancienne ville médiévale. Il compte aujourd’hui environ 7 000 concessions sur près de 6 hectares. Un plan de 1824 montre déjà son rond-point central, avec un calvaire, et ses allées bordées d’arbres. Dès l’entrée, les piliers du portail portent des symboles funéraires : torches renversées et sabliers ailés.
Des Yonnais qui ont marqué la ville
La visite s’est arrêtée devant plusieurs tombes : celle de l’abbé Huvelin, figure yonnaise de la fin du XIXe siècle, celle de l’abbé Guérineau, qui a donné son nom à une rue de la ville, ou encore celle de Gaston Guitton, dont le nom a longtemps été associé au lycée professionnel aujourd’hui appelé Rosa-Parks.
Plusieurs anciens maires reposent aussi au Point du Jour, dont Stéphane Guillemé, maire de 1888 à 1912 : sa tombe porte le blason de la ville. Parmi les plus anciennes sépultures figure celle de Sylvain Dumy, fils d’un conducteur de travaux venu de la Creuse pour bâtir la nouvelle ville.
La mémoire de la Résistance et des soldats
Auguste Péchereau y est inhumé. Il tenait le Sporting café, devenu le Café de la Paix, rue Clemenceau, qui servait de boîte aux lettres à la Résistance locale. Arrêté par la Gestapo, il a été emprisonné à Poitiers puis déporté à Buchenwald.
Au fond du cimetière, le carré militaire rassemble un ossuaire et les tombes de soldats du 93e régiment d’infanterie. Des stèles ornées du croissant rappellent la mémoire de tirailleurs tunisiens.
Des tombes disparues et quelques surprises
Certaines sépultures n’existent plus, comme celle de Pauline Léon, figure féminine de la Révolution française. Le cimetière réserve aussi quelques clins d’œil, avec des tombes d’homonymes de célébrités, comme Françoise Hardy ou Claude François.